Archive - août 2014

Bientôt !

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Décollage dans une semaine maintenant, direction la Thaïlande! Retour prévu en mars 2015, mais on évite d’y penser pour le moment.
Pour l’instant, la tension monte de plus en plus. Comme à mon habitude, rien n’est encore prêt, à part les billets et le visa bien sûr, et ça c’était pas gagné. Avec Amandine on s’est cru dans un mauvais remake des douze travaux d’Astérix :

Mardi 12 août – Réveil à 7h pour être parmi les premiers à l’ambassade. Arrivés sur place on saute presque de joie en voyant qu’on est les premiers – je vous l’accorde, on saute de joie pour pas grand chose, mais ne dit-on pas que ce sont les petits riens qui font un grand tout? – Bref, c’était sans compter sur l’anniversaire de la reine qui tombait pile poil ce jour-là. On vérifie quand même en poussant deux ou trois fois sur la lourde porte de l’ambassade, mais non, c’est bel et bien fermé. Pas grave, on a mal calculé notre coup et ce n’est que partie remise.

Mercredi 13 août – Bon déjà on part mal avec le chiffre 13, même si on est pas vraiment superstitieux. Cette fois-ci c’est ouvert mais on est pas les premiers. On prend notre petit ticket et pas loin de deux heures plus tard c’est enfin à notre tour.

Nous nous retrouvons devant un jeune thaïlandais au visage un peu fermé mais qui semble tout de même être un type sympa.
Je lui sers mon plus beau sourire et lui donne du « Bonjour Monsieur, c’est pour faire notre visa et voici tous les papiers demandés« . Notre interlocuteur ne semble pas réagir à ma tentative de charme et commence à étudier les divers éléments du dossier, à savoir : nos relevés de compte bancaire, passeports, fiches de renseignements, billets d’avions et … nos billets d’avion. Il bloque un instant, nous regarde, regarde nos billets d’avion, reporte son regard sur nous. Alors nous, on le regarde, on regarde nos billets d’avion, on reporte notre regard sur lui, non sans sentir une petite goutte de sueur perler au creux des omoplates.

- Hmmm y’a quelque chose qui ne va pas? je lui demande, sans me départir de mon sourire qui semble plus figé que naturel.
- Ça va pas vos billets là.
- Pardon? Comme ça ça ne va pas?

Je regarde Amandine du coin de l’œil et je sens qu’elle commence à se décomposer. Son sourire disparaît instantanément, sa mâchoire se crispe et son regard de tueuse fait surface. J’ai plutôt intérêt à la jouer fine si je ne veux pas la voir exploser la vitre qui nous sépare du jeune thaïlandais.

- Ah bon? Mais je ne comprends pas, on a bien notre billet d’entrée et de sortie du territoire, comme indiqué sur votre site internet. Donc je ne vois pas trop où est le problème?
- Il vous faut un billet stipulant que vous sortez du pays au bout de trois mois maximum et le votre là indique que vous quittez le territoire six mois plus tard.
- Euh…. Mais on ne sait pas encore où on va aller, ni quel autre pays limitrophe on va visiter pendant ces six mois. C’est juste que la Thaïlande sera notre point de chute.
- Il vous faut un billet stipulant que vous sortez du pays au bout de trois mois maximum…
- Oui oui je comprends bien, mais…
- Il vous faut un billet stipulant que vous sortez du pays au bout de trois mois maximum…

Bon c’est le moment de couper court à cette conversation et de partir car Amandine a déjà commencer d’entamer le bois sous la vitre qui nous sépare de notre interlocuteur. Une vraie Wolverine!
On sort en ronchonnant et en se disant qu’on s’y attendait, même si concrètement on avait pas prévu ça…
Bref, on se console avec un bo bun, et je file sur le net pour nous trouver un billet pas cher pour le Cambodge.

Jeudi 14 août – On retourne à l’ambassade avec tous les papiers demandés en poche. On patiente une petite heure et nous revoici devant notre jeune thaïlandais de la veille. Petit sourire en coin, il nous reconnait, s’empare de notre dossier et regarde de suite les billets d’avion. Ce coup-ci on a tout bon, enfin … presque …

- Les billets là, c’est pas bon…
- Comment ça les billets ne sont pas bons? Vous nous avez dit hier que vous vouliez la preuve que l’on quitte le territoire thaïlandais au bout de trois mois maximum. Les billets stipulent que l’on quitte le pays au bout de 83 jours, donc c’est bon non?
- Non non, c’est pas bon, vous m’avez mal compris. Les billets pour le Cambodge là, c’est bien, mais c’est marqué que vous revenez en Thaïlande 15 jours plus tard.
- Euh … Bah … oui, c’est le but.
- Oui oui, j’ai bien compris, mais vous ne devez pas le montrer car sinon on peut refuser votre visa…
- Quoi?!!! Mais, euh…. Mais ….
Oui, vous noterez qu’à ce stade je n’ai plus beaucoup de conversation et je vous passe l’état d’Amandine. La veille elle ressemblait à Wolverine et je vous laisse donc faire appel à votre imagination pour vous la représenter à ce moment là. Enfin ne débordez pas trop d’imagination non plus, hein.

- Bon, donc je fais quoi?
- Ce que vous voulez, mais ne doit apparaître que votre arrivée sur le territoire thaïlandais et votre départ pour le Cambodge, c’est tout.
- Okay, bougez pas, je reviens!
En même temps j’vois pas trop où il pourrait aller, mais ça me donne l’impression de contrôler la situation.

Je colle Amandine dans un fauteuil et file en quatrième vitesse au boulot pour n’imprimer que des billets Aller. Je reviens une heure plus tard, épuisé, les poumons en feu et une tendinite au talon. La course à pieds et moi ça n’a jamais fait bon ménage…
On patiente de nouveau en attendant que ce soit notre tour et pendant ce temps là la pression monte…
Une vingtaine de minutes plus tard, on nous fait signe d’approcher au bureau des visas pour voir si notre dossier convient, ou pas…

Suspens…

- Tout est bon! Voici votre ticket de retrait. Vos visas seront près dans 3 jours.
Son sourire a du mal à s’installer sur son visage, mais il est quand même là, à saluer implicitement la réussite de notre périple administratif.

Ce coup-ci on sort de l’ambassade avec un sourire jusqu’aux oreilles!
« Y’a plus qu’à » maintenant, comme on dit.

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