Ca y’est :D

Lundi 8 septembre, 11h, décollage immédiat!

J’ai toujours une appréhension grandissante à mesure que l’avion prend de la vitesse pour décoller. Toutes sortes de pensées macabres fusent au travers de ma petite tête, provoquant sueurs froides et boule au creux de l’estomac. Je pense que c’est surtout la perte de contrôle qui me met dans cet état. Faire face à une situation imprévue et en attendre la finalité dans une totale impuissance…
Mais cette fois-ci que nenni mesdames et messieurs! Le but de ce voyage est de justement lâcher prise, de se dépêtrer de ce carcan qui nous étouffe tant!
Ce fut donc un vol impeccable, et même les turbulences, ou encore les pleurs d’un petit bout de chou, n’ont pu entamer ma zen attitude.
Mention spéciale aux employés de l’aéroport de Doha, où nous avons fait escale, pour leur gentillesse.

13h30 le lendemain. Ça y’est! On est dans la place! Enfin! On en aurait presque une petite larme a l’œil, mais c’est le sourire béat qui prévaut à cet instant précis. Car même si on ne se rend pas vraiment compte encore de l’aventure qui nous attend, on est heureux de la vivre. Et ça commence par chercher un moyen de se rendre à notre guesthouse où nous devons passer la nuit, dans le quartier de Khao San Road, en plein cœur de Bangkok.

– T’es crevée? Tu veux qu’on prenne un taxi?
– Nan nan, ca va. Et toi? T’es crevé? On peut peut-être prendre un bus?
– Hmmm…

Nous voici donc confronté au premier problème du « lâcher prise » : l’indécision. Que faire? Comment le faire? Etc. Autant de questions qui semblent n’avoir aucune réponse… Bon allé, décision : on prend le métro et ensuite on marchera jusqu’à la guesthouse.
On descend donc à la station Phaya Thai, qui selon notre plan ne semble pas si loin du lieu où l’on doit se rendre, et on entame notre marche. Mais, boulet que je suis, je n’ai pas pris la peine de jeter un œil à l’échelle du plan… Après une heure de marche en plein cœur de la pollution – qui n’a strictement rien à voir avec celle que l’on peut rencontrer sur Paris tant c’est irrespirable – et nos 12kg sur le dos, on fini par se dire que cette petite marche n’était peut-être pas une si bonne idée que ça.

– Rien à foutre! On est des warriors et c’est notre premier défi!
– Mais euh t’es sure de ton coup Amandine? On est encore loin là, tu veux vraiment te taper toute cette route a pieds?
– Un peu qu’je veux! Allé zou, avance!

Je ne me le fais pas dire deux fois et me remets illico presto en route, non sans lui avoir proposé de la décharger d’au moins un de ses deux sacs. Mais le regard qu’elle me lance me fait vite comprendre que ce n’est même pas la peine d’insister… Pfiouuuu c’te femme, j’vous jure, une vraie teigne!
Histoire de vérifier qu’on est bien dans la bonne direction, je demande mon chemin à un thaïlandais qui attendait son bus. Il parle aussi bien l’anglais que moi le thaï. En conséquence l’échange est plutôt folklorique et je crois comprendre qu’il me conseille d’aller voir le poste police un peu plus loin. Nous le remercions dans sa langue avec un bon accent parisien et reprenons notre route.
A défaut de police, on tombe sur la caserne des pompiers. On ne se comprend pas mieux et on s’apprête donc à les remercier tout en s’éloignant lorsque surgit de derrière nous la personne qui nous avait conseillé de demander notre chemin au poste de police. On assiste alors à des échanges de rires et sourires entendus qui nous laissent perplexe. Les pompiers nous enjoignent ensuite à suivre ce monsieur.
« Serait-on en train de se faire arnaquer? » me demande le regard d’Amandine. Je lui réponds d’un pet de bouche, lui signifiant que je n’en ai aucune idée et que l’on verra bien. Son petit sourire qui est tout sauf naturel me répond qu’elle s’en remet à mon jugement. Ah lala, il nous en faut peu pour nous comprendre. Pas besoin de mots compliqués pour communiquer!

Le thaïlandais nous invite alors à monter dans un taxi avec lui pour nous conduire dans le quartier de Khao San. On enfourne nos bagages par la porte arrière suivis de nos magnifiques corps dégoulinants de sueur – parce que oui, j’ai oublié de préciser qu’il fait un bon 35 degrés – pour se retrouver dans un habitacle climatise. Et rien que pour ça, on est prêt à se faire arnaquer. On a beau vouloir se la jouer warrior, faut pas trop en demander pour le premier jour.

Bref, nous voici donc en route et on en profite pour découvrir une petite partie de Bangkok, que nous avions déjà entraperçue pour y être passé deux ou trois fois. Et c’est avec plaisir que l’on retrouve cette fourmilière qui grouille littéralement de vie avec tous ses marchands ambulants proposant toute sorte de nourriture, ses petits marchés le long des trottoirs et ses touristes qui les arpentent, eux-mêmes harcelés par les conducteurs de tuk tuk qui, pour une poignée de bahts, s’escriment à vouloir les emmener sur le lieu de leur choix, ou pas… Les arnaques au tuk tuk sont monnaies courantes ici, mais j’en reparlerai plus tard. Car oui cher lecteur, rien que pour toi, nous avons expérimenté l’une d’elle!

Notre taxi s’arrête à l’angle de Chakrabong Road et de Khao San Road. Premier bon point, on est la où on nous a promis de nous emmener. Maintenant, le prix. Je commence à sortir mon portefeuille lorsque notre guide m’interrompt d’un geste et me fait signe que la course est pour lui. On lui sert alors un regard éberlué de merlan frit et le remercions chaudement avant de s’extirper de la fraicheur du taxi pour se retrouver dans l’enfer des klaxons et autres interpellations de nos amis les tuk tuk, le tout saupoudré d’odeurs de nourriture et d’aromates dont je raffole.

– Amandine, tu as l’adresse exacte du Flapping Duck – la guesthouse où nous devons séjourner –
– Bah nan, tu devais la choper sur internet quand on était à l’aéroport. Tu l’as pas fait?!
– J’ai pas réussi à me connecter au wifi…
– Ah… On fait quoi alors?
– T’inquiètes, je gère. Y’a des cyber café partout en Thaïlande. Je vais nous trouver ça en un rien de temps!

Je me lance donc dans la recherche d’un café internet en demandant aux divers badots et commerçants que je croise. Je vais vous passer les détails, mais en une heure de temps on nous a indiqué une dizaine de directions différentes, proposé trois costumes taillés sur mesure, un repas végétarien dans un super restaurant et un peepshow… Mais de cyber, nous n’en avons pas vu la moindre petite enseigne.
On nous a finalement conseillé d’aller voir une office de tourisme qui a pu nous renseigner sur l’objet de notre quête. Car oui, à cet instant précis, le Flapping Duck prenait symbole de Graal. Un Éden où nous pourrions enfin poser nos sacs et prendre une bonne douche. Comme le dit notre maitre à penser Balou : « Il en faut peu pour être heureux! ».

Nous voici donc repartis pour deux bons kilomètres de marche avant d’arriver au lieu indiqué par l’office du tourisme. Tout heureux d’accéder enfin à la délivrance, nous nous enfonçons dans la ruelle abritant notre guesthouse pour… ne pas la trouver… On refait le chemin en sens inverse au cas où nous l’aurions loupé, mais rien… Nous prenons une rue parallèle, pour peu que l’on se soit trompé. Toujours rien… Par contre on trouve un cyber café! Wouhou! Et en plus c’est pas cher : 10 bahts les 20 mins, ce qui correspond à environ 25 centimes d’euro. On trouve enfin notre adresse après moultes recherches et demandons au gérant si c’est loin d’ici. « C’est à 50 mètres » qu’il nous répond…
Cinq minutes après nous nous tenons enfin face au Flapping Duck. On peut presque le voir scintiller sous le soleil de midi bien que la façade du  bâtiment ne soit faite principalement que de bois .

– Bonjour, on a réservé une chambre pour deux. Celle à 250bhts avec ventilateur.
– Vous êtes Benjamin?
– Euh non. Moi c’est David.
– Donc vous n’êtes pas Benjamin?

Là tout de suite j’ai bien envie de lui sortir une réplique à la Bigard, mais je préfère m’abstenir et attendre la suite.

– Quand avez-vous réservé?
– Il y a près d’un mois, pourquoi?

Silence…

– Ah je vous ai retrouvé! Désolé, votre chambre est déjà louée.
– …
– Les locataires ont décidé de rester plus longtemps et je ne peux pas les mettre dehors vous comprenez?
– …
– Si vous voulez on a d’autres chambres, une à 300 avec lits superposés et une autre à 350 en lit double avec clim.

Avant de l’enjoindre à me montrer ces chambres, je calme Amandine qui rumine quelques noms d’animaux colorés dont elle souhaiterait affubler notre interlocuteur. Mais c’est la fatigue qui parle, car on sent bien tous les deux que le type semble être vraiment sympa et désolé de la situation.
Finalement nous prenons la chambre à 350, qui reste un prix très bon marché pour Bangkok.
On prend possession des lieux: activation de la clim, déballage des affaires et direction la douche qui finit de nous achever. On s’écroule sur le lit et on pique un roupillon tout l’après-midi afin d’être en forme le soir pour accueillir BenJ et son pote Jo qui viennent passer deux semaines en Thaïlande avant de filer pour l’Australie.

Moralité, plutôt que de prendre un taxi depuis l’aéroport et ne mettre qu’une heure pour arriver, nous avons mis quatre fois plus de temps sous un soleil de plomb. Nous sommes arrivés en sueur et complétement crevés. Et si c’était à refaire? Sans doute choisirions-nous le même chemin, ne serait-ce que pour rencontrer une nouvelle fois notre bon samaritain qui nous a offert le taxi et avec qui nous avons eu notre véritable premier échange avec la Thaïlande.

 

1 CommentLeave a comment

  • Yo les baroudeurs !!!
    Oulalala ça commence ;)
    Bien drôle en tout cas cette petite session Bangkok Express !
    La biz et a bientôt sur les commentaires…

    David

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